charline wirth diététicienne nutritionniste bordeaux

Diététicienne Nutritionniste passionnée de cuisine, je vous partage à travers ce blog mes recettes préférées. Ma devise : rapide, simple, sain et gourmand !

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Manger nous rend-il plus heureux ?

Quand je mange, j’éprouve du plaisir. Bien entendu avec du céleri rave vapeur, peu de chance d’atteindre l’orgasme culinaire contrairement à une part de fondant au chocolat. Manger nous rend-il plus heureux : c’est ce que nous allons aborder dans cet article !

Ne pas confondre bonheur et plaisir

Pour Robert Lustig (neuroendocrinologue américain spécialisé dans l’addiction au sucre) plaisir et bonheur sont deux choses totalement distinctes :

  • leur activation est différente : le plaisir dépend de choses matérialistes, alimentaires, sexuelles alors que le bonheur ne dépend que de nous, de notre perception des choses, et de nos interactions sociales.
  • les mécanismes physiologiques activés sont différents : dopamine (plaisir) et sérotonine (bonheur).
  • les effets sont différents : le plaisir active le circuit de la récompense qui est momentané, de courte durée, et le bonheur engendre une sensation bien être et de plénitude, il est de longue durée.

La dopamine et le phénomène d’addiction

Plus on sécrète de dopamine, plus on a besoin d’une dose importante pour avoir le même effet (phénomène de tolérance), ce qui peut aboutir à la dégénérescence des neurones qui auront été trop stimulés (phénomène d’addiction). De plus, la sécrétion de sérotonine se verra diminuée.

 

Dopamine et alimentation

L’alimentation est une source de plaisir, et elle participe à notre équilibre émotionnel par la sécrétion de dopamine. La problématique n’est pas de se réconforter avec l’alimentation, mais de ne pas y arriver. C’est ce qui se passe lorsque vous associez des émotions désagréables à un plaisir alimentaire (peur, culpabilité, déception).

Lorsque les envies émotionnelles de manger font partie de votre quotidien depuis des années et sont inefficaces, cela cache quelque chose de plus profond qu’il pourra être intéressant de creuser avec d’autres thérapeutes.

Le plaisir rend-il malheureux ?

C’est en quelque sorte un cercle vicieux : plus je suis malheureux, plus je suis à la recherche de plaisirs, moins je sécrète de sérotonine, et moins je suis heureux.

Le désir naît d’un manque (existentiel, matériel, affectif, émotionnel, ou autre) qu’on cherche à combler. C’est souvent l’action même de désirer qui est plus stimulante que de celle de satisfaire notre désir. Une fois “acquis” le circuit de récompense est activé, on éprouve du plaisir, on ne ressent plus le manque en question, mais ce n’est pas pour autant que l’on est heureux. Les désirs ont rarement de limites. Des nouveaux, toujours plus “ambitieux” naîtront, pour aboutir à une dose de dopamine toujours plus forte et ainsi de suite.

Le bonheur ne dépend que de soi

Magazine, TV, réseaux sociaux, toutes les images véhiculées sont intégrées dans notre inconscient comme un idéal. Si je ne suis pas à cet idéal, alors je suis “hors normes”, alors je ne pourrais pas être heureux, je ne pourrais pas plaire, je ne pourrais pas trouver le travail que je veux. C’est un raccourci que nous empruntons, parfois de manière inconsciente.

Pourquoi ne suis-je pas heureux avec mes kilos ?

Certaines personnes ne se sentiront jamais en accord avec leur image, et ce, quel que soit leur poids. “J’aimerais revenir à ** kg, c’était il y a 8 ans et à l’époque je me trouvais grosse. Quand je regarde les photos aujourd’hui j’étais mince”.

Quelques raisons possible de cette insatisfaction permanente :

  • les attentes qu’on a vis à vis de cet idéal de corps sont trop fortes et génèrent une trop forte responsabilité (“mes soucis disparaîtront”, “ma vie va changer”, “je m’aimerai”). Si le poids n’est pas la cause de notre mal être : cela induit une remise en question. Cette remise en question peut faire peur, on cherche alors à l’éviter en responsabilisant notre corps.
  • rapport à notre image (dysmorphophobie)
  • rapport à nous même (perfectionnisme)
  • rapport à notre poids
  • besoin d’objectif : l’action même de désirer un objectif est parfois plus stimulante que de l’avoir atteint.

Pourquoi ne suis-je pas heureux dans ma vie ?

Appliquons maintenant le bonheur au matérialisme. Le niveau de vie influe sur notre bonheur mais des études ont prouvé qu’il progresse avec l’augmentation du salaire, jusqu’à ce que le salaire atteigne le niveau de vie du pays dans lequel on vit. C’est à dire lorsqu’on peut survenir à ses besoins primaires. Après ce stade, il y a un palier : le fait de gagner plus vous permettra d’accéder à d’avantage de plaisirs mais ne vous rendra pas plus heureux. Ceux qui ont “tout” sont parfois les plus malheureux avec un manque existentiel qu’ils n’arrivent pas à combler.

Là encore, cela dépend de notre perception des choses et de nos attentes : si on s’attend à 3 repas par jour on sera triste de n’en avoir qu’un, alors qu’une personne qui vit dans l’insécurité sera heureux d’en avoir un. Etant considéré comme une normalité, un acquis dont on n’a pas conscience, on aspire à d’autres choses que l’on ne possède pas. Un aveugle serait heureux de voir le monde, les merveilles qui nous entoure, alors que nous ne saisissons pas ce bonheur au quotidien, car il est “acquis”. Il faut malheureusement parfois perdre quelque chose pour se rendre compte de sa valeur.

Pour conclure sur le bonheur et l’alimentation

L’alimentation est une source de plaisir ce qui est complètement différent du bonheur !

Vous l’aurez compris, le bonheur est en chacun d’entre nous, il suffit juste de bien vouloir le saisir : autorisez vous d’être heureux, cela ne dépend que de vous !
Soyez libre, sans peurs, et sans attentes, voilà les clefs du bonheur 🙂

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